Le Barça à la croisée des chemins
- maelcornus
- 3 avr. 2020
- 14 min de lecture
Dernière mise à jour : 4 avr. 2020
Ces dernières années le club catalan est confronté au plus grand dilemme de son histoire : embrasser la voie de la mondialisation galopante dans le monde du football ou revenir aux fondamentaux. Ce dilemme divise et s’illustre depuis le début du XXe siècle lors des élections, présentant régulièrement deux candidats appartenant chacun à une tendance ou à l’autre. Les prochaines élections pour la présidence du club seront décisives et opposeront une fois de plus un candidat « catalaniste » et un « mondialiste » pour schématiser.
En effet, Josep Maria Bartomeu, l’actuel président depuis 2014 et élu en 2015 devra laisser sa place selon toute vraisemblance en 2021. Ce président du courant « mondialiste » est vivement critiqué en interne et a provoqué une vague de démissions importante dont des figures de proue d’un Barça plus attaché à son histoire et à son modèle autrefois si particulier. Les critiques ont permis l’ascension du principal candidat d’opposition, Victor Font qui veut baser son modèle de gouvernance sur un retour aux fondamentaux et notamment sur le modèle implanté par Johan Cruijff. Victor Font avait annoncé sa candidature le 31 janvier 2019 et était pour l’occasion bien entouré, avec entre autres Carles Puyol, véritable icône du club, capitaine historique qui n’a joué qu’au FC Barcelone et ce à près de 600 reprises. En effet, ce dernier avait démissionné de son poste d’adjoint de la direction sportive après le renvoi du premier directeur sportif Andoni Zubizarreta (grand gardien du club au tournant des années 1990) en 2015[1].
Autre soutien de poids, Xavi Hernández, légende vivante du club (capitaine et plus de 760 matches avec le club) qui pourrait débarquer comme entraîneur s’il était élu. Ce dernier confiait d’ailleurs que c’était pour lui un « rêve » d’entraîner le Barça, lui qui officie actuellement comme coach du club qatari d’Al Sadd[2]. Le discours de Font est simple, il veut s’appuyer sur la « meilleure génération de footballeur de l’histoire » pour prendre les décisions, en tous cas au moins sur le plan sportif. Entendons par là qu’il veut s’entourer de la Pep team, soit des joueurs entraînés par Pep Guardiola de 2008 à 2012 dont Puyol et Xavi. Autre signe annonciateur du courant de pensée auquel il appartient, cette génération provenait à majorité de la Masía, le centre de formation du club. En effet, lors des finales de Ligue des Champions de 2009 et 2011 (toutes deux remportées contre Manchester United) 7 joueurs formés au club avaient démarré les rencontres[3]. Victor Font aurait aussi le soutien de Joan Vilà un personnage important du club, ancien directeur méthodologique du club, jusqu’à ce que son contrat ne soit pas renouvelé en 2019 par la direction actuelle du club. Cette décision avait d’ailleurs fait beaucoup parler en interne puisque Vilà représentait la connaissance du jeu de position du Barça si chère à Guardiola et presque identitaire. D’ailleurs à ce sujet Victor Font avait manifesté son désaccord tout en disant qu’il « aimait beaucoup moins le Barça actuel par rapport au Barça beaucoup plus ancré idéologiquement de Guardiola ou Tito [Villanova]. Cette idée a été diluée »[4].
Si la critique de Font semble ancré dans ce qu’il s’est fait de mieux dans les années 2000, la direction actuelle est complétement opposée à ce virage. En partant des critiques de Font on peut voir ce qui a changé en moins de six ans et comprendre comment et pourquoi le Barça semble avoir abandonné (du moins jusque-là) la philosophie de Guardiola et Johan Cruijff.
De l'usage de la Masia
Le Barça a une histoire singulière, il fait partie des clubs dont on connaît le centre de formation, et qui au-delà du club même est devenu un vrai label, représentant une certaine qualité et même un certain profil de joueurs (doués techniquement et tactiquement).
La Masia est fondée en 1979 et tente de recopier à ce moment-là ce qui se faisait de mieux en termes de formation, l’Ajax Amsterdam. En effet, peu connue aujourd’hui, mais la relation entre les deux clubs est étroite et ce depuis longtemps quand débarquait en Catalogne un coach anglais qui avait entraîné l’Ajax et lancé un certain Johan Cruijff. Vic Buckingham débarque en 1970 et avait commencé à poser les bases du football total perfectionné par son successeur à l’Ajax puis au Barça, Rinus Michels. Buckingham a révolutionné l’approche tactique du club catalan, alors que la Liga (le Championnat espagnol) était alors, et contrairement à ce qu’il est devenu, réputé pour sa rugosité. Quand Buckingham quitte le Barça en 1973 il est donc remplacé par Michels, qui après avoir éclaboussé l’Europe avec son football total à l’Ajax, rejoint le club blaugrana et prend dans ses valises en 1974 un certain … Johan Cruijff. En 1978 Cruijff fait une ultime recommandation au président du club à l’époque (Josep Lluís Núñez), construire un centre de formation, ce qui sera donc fait un an plus tard[5].

L'entraîneur Rinus Michels aux côtés de Johan Cruijff.
C’est donc dans les années 1970 que débute ce que l’on appellera plus tard la « Dutch connection », confirmée par la Dream team bâtie par … Johan Cruijff entre 1988 et 1996 qui remportait en 1992 la première Champions du club avec un but du défenseur central prolifique Ronald Koeman, néerlandais lui aussi. Plus tard, Louis van Gaal, ancien entraîneur de l’Ajax (avec qui il remporte la quatrième Ligue des Champions du club en 1996) posera ses valises en Catalogne entre 1997 et 2000 puis entre 2002 et 2003. Mais un Néerlandais peut en cacher un autre et il est remplacé par Frank Rijkaard qui officiera au poste de 2003 à 2008, remplacé par un certain Pep Guardiola.
Si la Masia est donc fondée en 1979 avec des accents néerlandais, on a l’habitude de dire que l’âge d’or de la Masia se situe dans les années 2000 où émergent des talents « made in Barça » qui marqueront l’histoire du club et du football de manière générale. Ainsi, en 1999 est lancé un jeune homme à la chevelure atypique et si reconnaissable, Carles Puyol. Un an auparavant c’est un milieu de terrain de poche qui avait été aussi lancé dans le monde professionnel par van Gaal, Xavi. En 2002, sont lancés le gardien Víctor Valdés et le milieu Andrés Iniesta. Mais le joueur le plus important sans doute est lancé par Frank Rijkaard le 16 octobre 2004 en Liga contre l’Espanyol de Barcelone avec le numéro 30 dans le dos, Lionel Messi. C’est bien dans les années 2000 et 2010 que l’on peut situer l’âge d’or de la Masia qui devient par l’occasion un vrai label. Il est par exemple intéressant de voir que parmi les onze joueurs ayant le plus joué pour le club, seuls trois joueurs n’y ont pas été formés (Migueli, Carles Rexach, Zubizarreta).

La Masia de Can Plenas
Cela nous apprend deux choses, que le Barça laissait sa chance aux plus jeunes formés par le club pour réussir au plus haut niveau, et cela montre aussi que les joueurs formés ont pu y rester longtemps. Le jour de gloire pour la Masia arrive un 25 novembre 2012 où Tito Villanova aligne contre Levante en Championnat onze joueurs formés à la Masia. Pour autant alors que ce moment plus anecdotique qu’autre chose émeut le club et ses supporters, la tendance au sein de la Masia n’est plus au beau fixe. En témoigne un des derniers formés au club à ce moment dont on passe qui deviendra le nouveau Messi mais qui au final n’en finira pas de décevoir, Bojan Krkić. Pour s’en apercevoir il suffit d’analyser et de regarder les performances du Barça B. En effet, comme la majorité des clubs professionnels, le FC Barcelone est doté d’une « équipe 2 » on l’on fait jouer les plus jeunes avant de les lancer éventuellement dans le grand bain. De 1991 à 1999 le Barça B jouait en deuxième division espagnole (alors qu’elle comptait dans son effectif beaucoup de joueurs que nous avons cité). Les années qui suivent et avec l’intégration de nombreux jeunes à l’effectif professionnel les résultats sont moins bons et l’équipe se contente de 1999 à 2010 de la troisième division. De 2010 à 2015 elle se maintient en deuxième division avant de redescendre. Mais encore plus parlant, quand on cherche le dernier joueur qui a percé au plus haut niveau avec le Barça et dans la durée on ne trouve pas de suite. Et pour causes il y en a peu, voire très peu à l’exception de Sergi Roberto, mais qui n’a rien d’un Xavi ou d’un Iniesta. Il n’est qu’un joueur d’appoint.

Montage réalisé sur le compte Twitter du FC Barcelone
Finalement depuis 2014-2015 la Masia ne sert plus à alimenter l’équipe première en talents de la région mais sert de ressources de revenus. La tendance commence quand Cristian Tello (joueur formé au club) est d’abord prêté à Porto en 2014 puis vendu en 2017 au Real Betis. Mais cette tendance voit aussi celui qui était annoncé comme un futur grand quitter le club en 2015, Gerard Deulofeu. Cette tendance s’accélère ensuite pour financer des dépenses de plus en plus importantes et notamment sur le marché des transferts. La tendance actuelle est d’ailleurs intéressante, la Masia n’est plus un argument purement sportif puisqu’elle ne permet plus à des joueurs formés de grimper en équipe première mais sert d’instrument marketing en mettent en avant une philosophie et des résultats plus atteints depuis déjà quelques années. Ceci s’observe également par la composition de l’effectif du Barça B (et donc des jeunes joueurs qui seraient censés prendre la relève), il est composé aujourd’hui de joueurs arrivés en post-formation (c’est-à-dire assez tard, vers 18-19 ans) dans l’optique de les revendre plus cher et d’opérer là une plus-value nécessaire à la gestion très dépensière du club[6]. Finalement, ce qui faisait la force de la formation au départ (philosophie de jeu, de recrutement, exigence tactique et technique) est abandonné au profit de la seule recherche de profils plus « bankable ». Pep Segura qui était le directeur de la Masia est l’homme instauré par la direction pour mettre à bien cette évolution. A titre d’exemple, les critères de recrutement ont changé, mettant désormais l’accent sur le physique (ce qui est bien loin des profils de Xavi, Iniesta ou encore Messi) car ce sont des profils correspondants plus aux exigences actuelles. Finalement et pour conclure sur la Masia, la stratégie n’est plus de mettre toutes les conditions réunies pour former des jeunes pour l’équipe première mais de valoriser des profils afin de les vendre et de s’inclure dans une stratégie de « trading » de joueurs[7].
Une stratégie commerciale et économique internationale : le recrutement
Le FC Barcelone s’est longtemps présenté comme un club à part, respectant à la lettre la devise du club « més que un club », pour autant la stratégie commerciale et économique du club vise plutôt à s’éloigner de cette devise (tout en la mettant en avant) pour se transformer en véritable multinationale du sport. En effet, si le « més que un club » représentait un idéal, une utopie il est aujourd’hui bien loin de la stratégie mise en place par les deux dernières direction (Rosell et Bartomeu). En effet, le « més que un club » s’incarnait par exemple au travers du partenariat avec l’UNICEF, au travers de sa fondation, au travers du jeu pratiqué et au travers de la formation. Or on s’aperçoit que tous ces éléments ont été mis à mal ces dernières années[8].
Si nous avons déjà évoqué le cas de la formation, il me semble utile de préciser pourquoi une telle évolution a été jugée nécessaire par les directions successives. La stratégie du FC Barcelone est simple, se poser comme un club présent sur tous les continents et à la fois performants sportivement mais aussi puissant économiquement. Un des piliers de cette stratégie c’est le recrutement de joueurs à forte valeur marchande et de peser sur le marché des transferts en concluant chaque été une opération toujours plus élevée. L’équipe première du Barça devient non pas un ensemble tactique cohérent mais une vitrine. Pour s’en apercevoir il suffit de se pencher sur les derniers marchés des transferts. La tendance que l’on peut observer ci-dessous est frappante (figure 1). Avec un pic observé lors de la saison 2014-2015 (marqué par l’achat de Luis Suárez, attaquant uruguayen, à Liverpool pour près de 81 millions d’Euros), depuis la saison 2016-2017 les montants dépensés sur le marché explosent. Ceci étant dit un autre indicateur serait intéressant, le montant maximum dépensé sur un joueur lors du marché des transferts. Là encore une tendance s’observe depuis la saison 2013-2014 où le club peut dépenser près de 90 millions d’Euros pour un seul et unique joueur[9]. L’année 2017-2018 est quant à elle particulière avec deux joueurs achetés pour plus de 100 millions d’Euros (O. Dembélé et P. Coutinho), motivée par la vente de Neymar pour 222 millions d’Euros (figure 2). Le Barça semble être rentré dans une ère où pour exister sur le marché des transferts il n’hésite pas trop à dépenser des sommes astronomiques. Pourtant quand on regarde les résultats purement sportifs de ces opérations, des questions se posent. Les cas Ousmane Dembélé et Philippe Coutinho sont frappants, ni l’un ni l’autre n’ont satisfait les attentes placées en eux, pire, ils ont déçu et ne semblent plus entrer dans les plans du club[10]. On peut même douter de la pertinence de ce recrutement, le cas de la venue d’Antoine Griezmann la rappelle de façon amère. J’ajouterais une chose en guise de nuance, si les transferts sont de plus en plus importants, il ne faut pas oublier que le marché a connu ces dernières années une inflation importante et que les prix se sont envolés.

Figure 1 : Montants dépensés et perçus par le club lors des marchés des transferts

Figure 2 : Montant maximum dépensé par le Barça pour un seul joueur
On peut donc aisément comprendre la nécessité de trouver des fonds pour financer des opérations aussi importantes, surtout quand elles sont accompagnées d’une explosion de la masse salariale. A noter aussi que de moins en moins de jeunes joueurs du centre de formation sont intégrés chaque été à l’effectif professionnel.
Une stratégie commerciale et économique internationale : la recherche de partenaires puissants et la recherche de financements
Pour financer des projets de plus en plus importants le club a eu recours, comme d’autres, à la diversification de ses activités et à la recherche de financements alternatifs, provenant nous allons le voir du monde entier. Avant de détailler ce point je tiens à apporter une précision, la plupart des informations exposées ici sont issues d’une vidéo publiée par Romain Molina dont je mettrai la référence bien évidemment en notes.
Tout d’abord notons que les finances du club sont bonnes, que donc malgré des dépenses de plus en plus importantes, le club semble prospérer. En effet, depuis 2012 le FC Barcelone présente un bilan financier positif (ce qui n’est pas si fréquent au sein du football européen et espagnol en particulier). Le club présente même des chiffres d’affaires en croissance constante et colossaux aujourd’hui pour une institution sportive. Comment l’expliquer ? Premièrement le Barça peut compter sur des contrats de sponsoring très juteux, à commencer par celui de l’équipementier : Nike, et ensuite avec les sponsors maillots comme Rakuten ou encore avec des partenariats comme ça peut être le cas avec Konami, la Caixa Bank etc. Ensuite, il peut compter sur le marchandising, la vente de produits dérivés qui connait un vrai développement notamment en Asie, région ciblée par le club. Le FC Barcelone a également voulu créer des espaces de tourisme avec notamment le « Camp Nou Experience » et son Musée qui est d’ailleurs le plus visité de Catalogne et le troisième d’Espagne. Mais la manne financière la plus importante aujourd’hui lui provient des droits TV, sommes colossales pour qu’une chaîne puisse diffuser une compétition. Si ces moyens sont relativement classiques, d’autres le sont moins comme lesAcademy. En effet, le club se targue aujourd’hui de disposer de nombreuses académies dans le monde, mais en vérité ce n’est pas pour les projets sportifs qu’elles voient le jour. En fait, les académies sont des créations artificielles qui peuvent voir le jour en échange du paiement d’une licence officielle. La licenceBarça Academyest d’ailleurs la plus chère au monde. Autre moyen, développer le tourisme à l’international, et notamment en Chine. Le Barça a conclu à un accord pour développer un grand complexe comprenant musée et académie à Hainan[11]. Autre moyen plus classique cette fois-ci la vente de joueurs que l’on a pu apercevoir toute à l’heure sur le graphique.

Localisation des différentes académies du Barça

Entrée du Musée du FC Barcelone
Si le bilan financier du FC Barcelone apparaît alors plutôt positif, il ne faut pas mettre de côté la dette du club qui selon le club est de près de 150 millions d’Euros, ce que contestent les opposants de Bartomeu, qui eux évoquent plutôt une dette de près de 500 millions d’Euros. Malgré ses débats sur la dette du club cela ne l’empêche pas de vouloir continuer à se développer comme entreprise multinationale, comme marque se basant à la fois sur l’empreinte culturelle qu’elle laisse et sur l’exploitation des produits dérivés.
Des projets toujours plus grands
Un des premiers signes visibles du changement de cap opéré par la direction du Barça a lieu en 2011 quand le logo habituel d’UNICEF (qui ne payait pas pour s’afficher sur l’un des maillots les plus connus dans le monde) a été remplacé par celui de Qatar Foundation, puis par Qatar Airways avant que n’arrive Rakuten. Si UNICEF reste présent sur le maillot, c’est maintenant dans le dos[12]. Si c’est un moyen très courant dans le sport que d’afficher un sponsor sur les tenues, le FC Barcelone avait jusque-là refusé de le faire, et ce même quand le club était en difficulté sur le plan financier. Le maillot blaugrana est en effet resté vierge depuis sa création au mois de septembre 2006 où l’UNICEF faisait son apparition alors que de grandes entreprises étaient prêtes à mettre des sommes importantes. Le club prouvait alors qu’il était en effet plus qu’un club, où les valeurs n’étaient pas mises en balance avec des sommes d’argents importantes[13].

Evolution du sponsor maillot du FC Barcelone (Ronaldinho 2005, Messi 2007, Xavi 2014 et Piqué 2018)
Cette recherche de financements de plus en plus diversifiés (le club emprunte également beaucoup d’argent à des taux intéressants) prouve que le club s’est conformé à la tendance générale des plus grands clubs de football. En effet, ces derniers ne sont plus seulement des institutions sportives mais de véritables multinationales. L’exemple de la conversion du FC Barcelone nous montre comment le capitalisme s’incarne dans le football, comment il a converti des structures parfois réticentes au départ à son modèle. Cependant, ce modèle est à la fois critiqué en interne au sein du club mais également par les socios (ces abonnés qui élisent la direction du club)[14]. Ils critiquent la perte d’identité du club, de sa vision beaucoup plus tournée vers la recherche de bénéfices et mettent en danger un héritage riche qui devait guider les actions et les politiques sportives et institutionnelles voir morales du FC Barcelone.
Le Barça souhaite pour le moment aller plus loin, la direction actuelle souhaite mettre à bien un projet d’envergure, ce qu’ils appellent l’Espai Barça. Un projet pharaonique de plus de 600 millions d’Euros qui vise à rénover toutes les structures sportives du club dans la ville de Barcelone (rappelons que le Club est omnisport) dont le Camp Nou, tout en se ventant de mettre au jour le « plus grand complexe sportif du monde »[15].
Si les ambitions sportives sont toujours là, elles semblent être au service d’une vision de plus en plus tournée vers le développement économique d’une multinationale en sacrifiant par la même occasion un certain nombre d’acquis et d’héritages.
[1] « La campagne présidentielle est lancée », Barça Inside, publié le 01/02/2019. [2] « Xavi explique pourquoi il a refusé l’offre du Barça », RMC Sport, publié le 16/01/2020. [3] Finale de Ligue des Champions 2008-2009 : Víctor Valdés, Gerard Piqué, Carles Puyol, Xavi Hernández, Andrés Iniesta, Sergio Busquets, Lionel Messi. Finale de Ligue des Champions 2010-2011 : Víctor Valdés, Gerard Piqué, Xavi Hernández, Andrés Iniesta, Sergio Busquets, Lionel Messi, Pedro Rodríguez. [4] « Barça – Élections présidentielles : Victor Font ouvre la bal, avec Xavi ? », Furia Liga, publié le 02/03/2019.
[5] « Mais qui es-tu donc Barçajax ? », So Foot, publié le 21/10/2014.
[6] Parmi ces joueurs en post-formation on peut penser à Ludovit Reis, Rey Manaj, Hiroki Abe, Matheus Pereira etc.
[7] Vidéo réalisée par Romain Molina, « FC Barcelone : au carrefour de son histoire moderne (Setién, Xavi, Masia, élections 2021 …) », YouTube, vidéo postée le 14/01/2020.
[8] Vidéo réalisée par Romain Molina, « Telenovela Barça [E2] : la trahison de l’esprit més que un club et des pionniers », YouTube, vidéo postée le 07/08/2018.
[9] 2013-2014 : Neymar pour 88,2 millions ; 2014-2015 : Luís Suárez pour 82 millions ; 2017-2018 : Philippe Coutinho pour 145 millions, Ousmane Dembélé pour 125 millions ; 2019-2020 : Antoine Griezmann pour 120 millions.
[10] Le club se semble pas avoir tiré les leçons d’un transfert très important à l’époque, celui de Zlatan Ibrahimović pour 69,5 millions d’Euros en 2009.
[11] Vidéo réalisée par Romain Molina, « [Analyse des finances] : le Barça peut-il se payer Neymar », YouTube, vidéo postée le 23/07/2019.
[12] « Le Barça et l’Unicef liés jusqu’en 2020 », L’Equipe, publié le 25/02/2016.
[13] « Le Barça et l’Unicef, la morale du maillot », Libération, publié le 29/09/2016.
[14] A noter qu’à Barcelone les socios portent un nom particulier : les culés.
[15] Vidéo réalisée par Romain Molina, « FC Barcelone : au carrefour de son histoire moderne (Setién, Xavi, Masia, élections 2021 …) », YouTube, vidéo postée le 14/01/2020. « Le FC Barcelone lance la dernière phase de l’Espai Barça, le plus grand complexe sportif du monde au sein d’une ville majeure », FC Barcelone, publié le 20/10/2018.




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